Inscrit dans le prolongement de la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, et dans une optique de développement durable, le projet de LGV examiné devrait faire l’objet d’un débat sans vote aujourd’hui en Conseil de communauté. Avec ses partenaires que sont l’Etat, la Région Aquitaine, RFF (Maître d’ouvrage) et l’Union Européenne, la CUB, par son positionnement de capitale régionale, est concernée par ce projet en raison des options de tracés. Elle souhaite donc apporter sa contribution au débat ; débat décidé par la Commission Nationale du Débat Public, saisie par RFF, qui a lieu depuis le 30 août et jusqu’au 29 décembre 2006.
La LGV : une nécessité
Les prévisions sont claires : selon le rapport Becker de 2001, actualisé, dès 2025, tous modes confondus, il y aura 100Mt supplémentaires sur le corridor Atlantique ; d’ici 20 ans, notre agglomération verrait une aggravation du trafic de transit de 50%, soit 9.000 PL et 12.000 VL par jour. Les infrastructures ferroviaires existantes sont dans l’incapacité d’assurer un éventuel transfert modal.
Les objectifs de la LGV sont en cohérence avec la position de la CUB : transfert modal du fret international vers le ferroviaire, accessibilité du Sud de l’Aquitaine et liaisons avec l’Espagne, développer des politiques globales alternatives à la route (notamment en favorisant les transports ferroviaires régionaux).
Bordeaux-Espagne : une priorité
La CUB souhaite une étude simultanée des projets de LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, cette dernière ligne constituant une priorité. Dans le cadre du grand contournement Ouest de l’agglomération (pour lequel la CUB a émis un avis favorable), un jumelage avec une voie dédiée au fret serait préférable.
3 scénarii alternatifs (S1, S2, S3) sont envisagés :
- mise à 4 voies de la ligne existante Bordeaux-Irun (S1),
- création d’une voie nouvelle, en passant par l’Ouest des Landes jusqu’au Sud de Dax (S2),
- création d’une voie nouvelle en passant par l’Est des Landes via Mont-de-Marsan (S3) ; cette hypothèse peut induire un tronc commun avec la ligne Bordeaux-Toulouse.
Avantage à S3
Ces scénarii donnent les éléments de comparaison suivants :
- S1 : vitesse maximale de 220 km/h (allongement du temps de parcours de 10 à 30 minutes) et un coût global estimé à 3,5 milliards d’€ ( à affiner) ; rentabilité socio-économique faible, avec de très faibles gains de temps pour le trafic voyageurs et une sortie très contrainte de l’agglomération bordelaise. Une ligne nouvelle serait préférable.
- S2 et S3 : vitesse de 320 km/h (rentabilité socio-économique sensiblement équivalente pour les 2 scénarii)
- S3 estimé à 3,75 milliards d’€ contre 3,5 milliards d’€ pour S2
- avantages de S3 : gain de 2,2M de voyageurs (1,8M pour S2, 0,9M pour S1) et sortie beaucoup moins contrainte de l’agglomération, dans l’hypothèse d’une sortie à Hourcade.
La CUB s’est positionnée sur le scénario 3, à l’exception de tous élus de Bègles, de Villenave d’Ornon et des Verts qui y sont défavorables.